Le lutin et ses couleurs

Dans la grande forêt des Roses, vivait un lutin dont la peau rose était devenue bleue.
Tous les habitants des Roses se mirent à l'appeler Lutin Bleu, mais ce n'était pas le nom qu'il voulait porter car il se voyait encore de la couleur des fleurs des abricotiers.

 

"Je ne suis pas Lutin Bleu" disait-il en ronchonnant, "je suis rose, je ne mérite pas ce nom !"

 

La pie, perchée en haut d'un chêne, riait fort en entendant cela "tu es bleu, regarde-toi dans l'eau de la rivière !"
Depuis sa tanière, lourde encore de sommeil, on entendait la renarde glapir ses étonnements en s'étirant "mais, tu ne vois donc pas que tu es bleu ? Pauvre Lutin, ta peau est couleur du ciel, regarde tes mains, elles ne sont pas roses !"

 

Un lièvre, passant par la forêt des Roses, une nuit, vagit gaiment son salut au lutin : "Bonjour Lutin Bleu ! M'accompagnerais-tu dans ma promenade ?"

 

Le lutin était tellement contrarié, il tournait en rond dans sa petite maison de feuilles de platane, tapait du pied et lançait son mécontentement vers la forêt "Vous avez décidé de vous amuser à mes dépens ? Soit, riez tous, moquez-vous, mais vous pourrez toujours dire que je suis bleu,  je ne vous crois pas, je sais bien quand même de quelle couleur est ma peau, elle me vient des fleurs d'abricotiers où je suis né !"

 

Il décida de ne plus sortir de chez lui, et, durant trois jours, il rumina sa colère contre les habitants de la forêt des Roses…

 

Le gentil et triste lutin s'endormait d'habitude aux matines sonnantes, après avoir longuement joué sous les étoiles, faisant des blagues à chaque animal de la nuit croisé dans ses gambades.


 
Il se levait aux premières lueurs et sautait comme un cabri le long des sentiers, en interpellant les animaux du jour :
"Hé, moineau, je suis réveillé en même temps que toi ! Tu viens jouer avec moi puisque je te ressemble ?"

 

Lutin, bleu ou pas, était apprécié pour sa bonne humeur, même ses blagues ne mettaient jamais personne en colère. C'était un gentil compagnon, plein de vie et d'énergie et tous prenaient plaisir à le rencontrer et partager quelques heures de jeux sous les feuillages des Roses.

 

Mais, à la fin du troisième jour dans sa maisonnette de feuilles, le lutin avait perdu sa belle humeur. Il se demandait pourquoi tous les animaux l'avaient surnommé, et même le lièvre qui ne le connaissait pas du tout avait fait cette moquerie en l'appelant Lutin Bleu !

 

Il se dit qu'il se passait quelque chose certainement, et il voulut savoir ce qu'il y avait dans la tête de tous ses amis de la forêt.
Alors, il sortit de chez lui, et attendit que le premier animal rencontré le nomme en le saluant.
Le lutin ne patienta pas longtemps, la pie vint et se posa à ses pieds :
"Lutin Bleu, te voilà ! Je me demandais si tu boudais…"  Puis, la pie lui souhaita une journée amusante et s'envola vers ses occupations.

 

Le lutin avait seulement dit bonjour et s'était tu, dépité d'entendre encore ce surnom qui l'agaçait.
Il reprit sa route avec la ferme intention de comprendre les raisons de la farce, et d'y remédier le plus vite possible…

 


En chemin, il croisa le hérisson qui s'apprêtait à dormir tout le jour, et lui demanda :
"Dis, toi, le hérisson, trouves-tu que je suis bleu ? Sais-tu pourquoi tout le monde dit que je suis bleu ?"

 

Le hérisson avait la réputation d'être le plus sage animal de tout le pays et, malgré son apparence piquante, le plus délicat à dire les choses, il ne mentait jamais et ne faisait jamais de peine à quiconque.
Il se tut un instant en regardant le lutin dans les yeux puis, doucement, se mit à lui parler :
"Bien sûr que tu es bleu, mon ami, ta peau si rose est devenue comme le ciel des jours de Juillet. Mais c'est une jolie couleur, pourquoi cela t'inquiète-t-il ?"

 

"Mais, je suis né rose, gentil hérisson, je ne veux pas changer, je ne veux pas qu'on m'appelle Lutin Bleu, ce n'est pas mon nom !"

 

"Ce n'est pas ton nom, tu as raison, aussi je ne te nomme pas ainsi. Mais ce que tu ne veux pas est pourtant, tu es bleu à présent"

 

Le hérisson ferma les yeux et ne parla plus.
Le lutin crut qu'il dormait et que finalement ce si sage ami se moquait bien des soucis qu'il pouvait avoir.
Sans doute n'était-ce important pour personne, se dit-il.

 

Lui voulait rester celui qu'il avait toujours été, Lutin Rose né des fleurs d'abricotiers près de la forêt des Roses, et il pleura à l'idée de garder le bleu sur la peau toute sa vie.
Il regarda ses mains, et pour la première fois il s'avoua qu'elles n'étaient plus roses…

De grosses gouttes tombèrent de ses grands yeux, verts comme les feuilles de printemps, elles claquaient en s'écrasant sur les pierres du sentier, faisant tant de bruit que le hérisson ouvrit un œil et se mit à le fixer durant de longues, longues minutes.

 

"Hérisson, pourquoi ? Le sais-tu ? Pourquoi suis-je devenu bleu ? Tu sais tant de choses, tu as sûrement la réponse à ma question, et sais-tu si je redeviendrais rose ?"

 

Le hérisson poussa un long soupir compatissant et dit : "Je sais ce qui t'es arrivé, mon ami, mais je ne vais pas te le dire. C'est à toi de découvrir la raison de ta nouvelle couleur, sinon tu ne pourras jamais retrouver celle de ta naissance. Jamais plus tu ne seras rose si tu ne trouves pas la réponse tout seul"

 

"Quoi ? Mais comment pourrais-je savoir ? Si personne ne peut m'aider, comment vais-je trouver ce qui me donne la peau bleue et comment retrouver mon rose des fleurs d'abricotiers ?"

 

Le hérisson pencha la tête et sourit en rassurant le lutin : "Mais si, je peux t'aider, ce que je ne peux pas faire, c'est trouver la raison et la solution à ta place"

 

Le regard du lutin brilla à nouveau, il écouta ce que le hérisson lui dit : il devait se rendre près du plus grand arbre de la forêt et faire résonner trois coups secs sur le tronc séculaire.
Le hérisson lui dit qu'alors il faudra attendre que la chouette effraie lui parle et qu'il devra l'écouter et faire tout ce qu'elle lui dira…

 

Le gentil lutin, empli d'espoir, remercia son piquant ami, et il partit en courant vers le milieu de la forêt, en direction du chêne dont la cime découpait le ciel largement au-dessus de tous les autres arbres. Arrivé, il frappa trois coups secs sur l'écorce grise, et attendit comme lui avait conseillé le hérisson.

 

Il attendit un jour entier, debout près de l'arbre. Aucune chouette ne vint lui parler.
Alors, il regarda vers la plus haute branche et chercha des yeux une plume rousse ou blanche, un œil noir, car il se demandait si une chouette vivait là. Il ne vit rien, le hérisson s'était peut-être trompé !
Avait-il oublié quelque chose à faire pendant sa course à travers la forêt ? Le lutin voulait tant redevenir rose qu'il perdait un peu de sa patience…

 

La nuit commença à tomber quand il entendit un souffle venant du chêne, bientôt suivi par un drôle de bruit, comme un bruissement discret qui s'amplifia et se transforma en battements forts…C'était la chouette ! Elle vint se poser sur la plus basse branche en chuintant si fort que le lutin se dit qu'elle devait être mécontente de le voir.

 

Mais la chouette effraie n'était jamais sombre, toujours gaie, et aussi, jamais pressée !
Elle penchant la tête vers le lutin qui vit le gros cœur que dessinait son visage.


"Qu'elle est jolie !" pensa-t-il. Et il oublia un instant pourquoi il était venu. Ce furent les paroles de la chouette qui le ramenèrent à sa réalité.

 

"Bonsoir Lutin, tu veux quelque chose sans doute, puisque tu attends depuis un jour devant le chêne. Dis-moi ce qui t'amène !"

 

Le lutin esquissa un sourire, la chouette n'avait pas dit "bleu"
Il pensa que peut-être il n'était déjà plus bleu, mais le jour qui s'effaçait ne lui permit pas de vérifier la couleur de ses mains…

 

"Bonjour la chouette, le hérisson m'envoie, il dit que tu peux m'aider à ne plus être bleu, à redevenir rose, mais je crois que je suis déjà  rose à nouveau !"

 

La chouette tourna la tête en fermant les yeux, elle chuinta plusieurs fois et dit "tu es bleu, de nuit comme de jour, tu l'étais tout à l'heure, tu l'es encore"

 

Là, le lutin s'énerva : "tu ne dormais pas ? Tu m'as vu sous le jour ? Pourquoi n'es-tu pas venue tout de suite ?"
La chouette ne répondit pas et changea de perchoir pour s'installer entre les deux plus grosses branches du chêne.

 

Elle fouilla ses plumes blanches, se gratta le bec d'un de ses serres, sembla danser d'une patte sur l'autre, tourna, leva et baissa sa tête ronde plusieurs fois, se figea, les yeux fixés au loin, étira une aile, fouilla encore son plumage, retourna encore la tête…ça n'en finissait pas !
La chouette n'arrêtait pas de bouger et semblait se désintéresser complètement du lutin qui commençait à pleurer de fatigue et de déception.

 

Au bout d'une heure, peut-être davantage, la chouette cessa ces gesticulations, elle émit un ronflement sonore qui surprit le lutin, et enfin, enfin elle s'adressa à lui comme il l'attendait !

 

"Lutin, tu dois entrer dans le chêne, fais résonner encore quatre coups sur son écorce et il s'ouvrira. Une fois à l'intérieur, tu attendras et la fée des Arbres te parlera. Sois patient, car personne ne peut dire quand elle apparaîtra, ni si elle le fera ! Mais tu n'as pas le choix, si tu veux redevenir rose, la première chose à apprendre est la patience !"

 

Le lutin devint fortement inquiet : si la fée ne venait pas, attendrait-il alors toute sa vie à l'intérieur du chêne ?
Dans le plus grand silence, la chouette avait disparu, à peine ses derniers mots prononcés. Lutin n'aurait donc pas de réponse à sa question…

 

La nuit était profonde maintenant, lutin se dit qu'après tout il pourrait quitter le chêne si d'ici l'aube la fée n'était pas venue, et qu'il chercherait ailleurs comment reprendre sa couleur.

 

Il frappa quatre fois sur le tronc assombri par la nuit, et l'arbre s'ouvrit comme deux bras accueillants. Le lutin entra malgré l'obscurité, mais très vite une lueur éclaira suffisamment le cœur du chêne.

 

Lutin s'assit au centre de l'arbre immense, en se disant que si la fée voulait lui parler, elle ne tarderait pas.

 

Lutin se trompait, les heures passèrent, longues, ennuyeuses…Il bailla souvent !
Il regardait vers la lueur qui n'était que celle de la lune traversant l'écorce épaisse et patientait comme lui avait conseillé la chouette.
Mais la fée ne venait pas !

 

Lutin se leva et se mit à tourner en rond, en parlant au cas où la fée l'entendrait :
"Je veux redevenir rose, le hérisson m'a dit de venir voir la chouette, elle m'a dit d'entrer ici et d'attendre la fée, mais vers qui la fée va-t-elle m'envoyer à son tour ?"

 

La nuit s'achevait, le silence était de plus en plus lourd et le lutin en avait assez d'être là.
Il voulu partir, aller se détendre en s'amusant dehors pour revenir plus tard, mais il ne trouva pas de sortie ! Le chêne s'était refermé, aucune porte ne se voyait !
Lutin tapa partout en vain, le chêne ne bougea pas…

 

Pauvre Lutin désespéré, il était toujours bleu, et enfermé maintenant !

 

Assis à nouveau au cœur de l'arbre géant, il replia ses genoux, les entoura de ses bras et y posa la tête en pleurant.
Le sommeil commençait à faire cligner ses petits yeux verts quand un grondement d'orage monta, suivi d'éclairs qui illuminèrent l'intérieur du chêne, c'était comme le feu autour de lui !
Tremblant de peur, Lutin ne bougeait plus, ne pensait plus, et n'avait qu'une envie : fuir.
Ce qui était impossible et l'emplit de la plus grande tristesse.

 

"Où suis-je venu me perdre ? Que vais-je devenir ?"  Lutin hoquetait ces mots sans cesse…

 

Il était épuisé.

 

Plus tard, dans le silence revenu, il voulut céder au sommeil quand la fée, vêtue d'une robe de fleurs bleues et roses, apparut.
"Je suis fatigué, Fée, je t'ai attendu toute une nuit, fais que je redevienne rose très vite, après je dormirais"

 

La fée s'assit à côté du lutin et lui caressa les cheveux.

 

"Pauvre petit lutin rose devenu bleu, je connais ton histoire, mais sache que tu ne redeviendras pas comme tu le souhaites sur un simple coup de baguette magique ! Je n'ai pas de magie pour toi !"

 

Lutin, à ces paroles, s'effondra. Il pleura encore toutes les larmes de son corps et supplia la fée de l'aider…

 

"Lutin, gentil lutin, la chouette t'a fait attendre un jour, je t'ai fait attendre une nuit, que dis-tu de cela ?"

 

Lutin répondit que son souci devait leur paraître bien petit et que lui n'avait sans doute aucune raison valable à sa demande, alors elles l'avaient fait attendre et maintenant il comprenait que personne ne l'aiderait puisque la fée n'avait pas de magie pour lui.

 

La fée l'écouta avec une grande tendresse dans les yeux, elle embrasse son front et lui dit de réfléchir encore un peu car ce n'était pas la raison de son attente.

 

Voilà Lutin tout pantois, il resta les yeux rivés dans ceux de la fée et balbutia son incompréhension…

 

La fée insista : "Prends le temps de refaire le chemin jusqu'ici en songe, je te laisse seul, je reviendrai ce soir"

 

Lutin vit partir la fée qui traversa l'écorce du chêne comme un voile de fumée, il se leva et posa une main sur le tronc bien solide et immobile, tel une pierre rugueuse et chaude.
La fée n'avait pas de magie pour lui, mais elle avait de grands pouvoirs !
Il se dit qu'elle lui avait sans doute donné la solution à son problème et décida de lui obéir.
Confiant, il se rappela chaque minute depuis sa rencontre avec le hérisson.
Le hérisson avait dit savoir pourquoi il était bleu et l'avait envoyé vers l'Arbre géant de la forêt des Roses.
Puis la chouette l'avait fait attendre tout un jour.
La fée avait mis ensuite sa patience à l'épreuve toute une nuit, pour finalement le laisser seul et…

 

Lutin écarquilla ses yeux, il posa une main sur sa tête, une évidence lui vint à l'esprit :
Le hérisson ne sortait que la nuit, et il l'avait envoyé vers la chouette au lever du jour, celle-ci ne sortait que la nuit aussi ! C'est pour ça qu'il l'avait attendue si longtemps !
La fée devait faire sa magie le jour, c'est la raison pour laquelle il ne l'a vu arriver qu'au matin.

 

C'était bien ça, il n'avait attendu que parce que les heures des uns ne sont pas les heures des autres, mais hélas, comprendre ne lui redonna pas le teint des fleurs d'abricotiers...

 

Le soir tomba sur le chêne, la fée reparut dans un nuage bleu et rose et vint près de lui.

 

"Alors, gentil lutin, as-tu refait le chemin ? Que tes songes t'ont appris ?"
"Les heures du hérisson et de la chouette ne sont pas les tiennes" déclara Lutin souriant.

 

La fée s'illumina, ses cheveux brillaient comme les étoiles, les fleurs de sa robe avaient le parfum le plus doux qu'il n'avait jamais senti. Il l'écouta, pétri d'espoir.

 

"Lutin, écoute-moi bien. Tu vois que tu es encore bleu, ce n'est pas suffisant ce que tu me dis là. C'est juste, mais je veux savoir ce que tu en penses"

 

Un silence plana un moment que seuls quelques gazouillis rompirent. Ce fut le souffle de la chouette qui vint ensuite remplacer les chants des oiseaux retournant dans leurs nids.
Tous les bruits de la nuit se substituaient à ceux du jour, et c'est à ce moment là que Lutin compris la raison de sa peau bleue et comment retrouver son rose !

 

"Fée, je sais ! Je suis devenu bleu parce que mes heures sont les tiennes et celles de la chouette et du hérisson ! Les animaux les plus sages de la forêt et toi qui a des pouvoirs si grands -tu traverses même les arbres- vous ne sortez qu'à vos heures. Tu fais ta magie le jour, parce que tu dors la nuit. Le hérisson et la chouette dispensent leurs sagesses la nuit, parce qu'ils dorment le jour"

 

Lutin avait à peine finit sa phrase qu'il s'endormi dans les bras de la fée, jusqu'au matin.

 

Quand les premiers rayons du soleil pointèrent à l'horizon, l'arbre s'ouvrit pour qu'ils viennent caresser le visage de Lutin. Il s'éveilla doucement, la fatigue avait disparu, il se sentait si bien qu'il partit en sautillant dans les sentiers, hélant tous les animaux un par un en les invitant aux jeux :
"Moineau, viens jouer avec moi ! Dors tranquillement Hérisson ! Bonjour Pie !"

 

Quelle surprise quand il les entendit lui répondre :

"J'arrive, Lutin Rose" dit le moineau.
"Merci, que ta journée sois heureuse, elle commence bien, n'est-ce pas, Lutin Rose ?" s'exclama le hérisson.
"Ah, te voilà, je me demandais si tu boudais, que ta journée soit amusante, Lutin Rose !" jacassa joyeusement la pie.

 

Ils l'avaient tous appelé Lutin Rose !

 

Le gentil et heureux lutin se précipita à la rivière pour se mirer dans l'eau claire.
Il vit alors que son visage était tout rose, comme les fleurs d'abricotiers dans lesquelles il était né. Chaque bout de sa peau avait retrouvé le teint des pétales fruitiers, quel bonheur !

 

Lutin rentra chez lui avant la tombée du jour, et plus jamais il ne passa de nuit à jouer sous les étoiles.

 

Avant que la nuit fut noire, le hérisson vint frapper à la porte de Lutin Rose pour lui souhaiter d'avoir de jolis rêves qui sont aussi agréables que de trottiner dans les sous-bois, et  lui donna encore un conseil :
"N'oublie jamais qu'en grignotant la part des heures qui ne sont pas les tiennes, ta fraîcheur des fleurs d'abricotiers disparaît. Profite des jours, ils sont à toi. Laisse à la chouette et à moi la nuit, elle est nôtre"

 

Lutin avait compris que ses heures ne pouvaient être celles de tous, êtres du jour, et êtres de la nuit.
Jamais plus il ne grignota la part des heures des animaux de la nuit, même s'il regretta longtemps leur compagnie dans ses jeux.

 

 

Texte protégé © Istina-Svaboda
Toute copie, même partielle, sans autorisation de l'auteur, est interdite.


Article ajouté le 2008-04-11 , consulté 243 fois

Commentaires


nath le 13/04/2008 à 21:50:33
Un petit bonhomme particulier et ses insomnies....voilà à quoi je pense;bises

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