Fleur

Une légende dit que dans le pays des Lendemains, les vœux se réalisent…
Nul, jamais, n'avait dit son histoire…

Sous les étoiles, l'eau est magique.
Les nuages précieux versent leurs perles délicates sur la nature.
Chaque soir, c'est une ondée de Vie et d'Amour…

Souvent, un souffle, caresse, emporte les heures, quand, attirées par la couleur profonde d'un lac, quelques feuilles légères, quittant leurs branches dans une danse avec le temps, se posent à la surface de l'eau.
Que le paysage est doux au regard !
Tant de paix émane de ce décor enchanté !

C'était ici, un soir paisible comme tant d'autres, qu'un chant monta doucement des roseaux.
Une voix, une plainte portée par des notes claires.



De l'autre côté du soleil, sur un éclat d'étoile, était né le rêve de Fleur, pensée si petite parmi les roses exubérantes.
Fleur avait laissé son jardin et l'ombre des figuiers, pour grandir nourrie de brise et de liberté.
Fleur était une vie.
Fleur était une âme…
Elle glissait sur l'eau, se laissait porter d'une onde à l'autre, elle donnait à Eole le choix de sa rive !

L'astre qui vit sa naissance avait repris sa lumière.
La lune pâle s'accrochait au ciel, couvrant le pays assombri de couleurs nouvelles.
Fleur chantait.
Le lac était promesse.
Ce soir de douceur, une feuille de chêne rouge pour radeau, l'ombre de la nuit naissante pour manteau,
Fleur effleura de sa main les reflets de lune, pétale discret caressé des clapotis.
Elle était venue chercher l'espoir dans la sérénité des songes qui s'annonçait.

La robe de Fleur, d'azur et de lueurs teintées d'alizarine, suivait les désirs de la brise en mouvements gracieux.

Le rêve de Fleur s'étendit, devint la brume voilant le paysage…
Les heures passèrent. Le chant emplit l'espace.
Sans attente, c'était une prière. Sans demande, c'était espérance.

Le lac, dans ses profondeurs, entendit la plainte, et son eau vibra à chaque note, chaque mots…

Sur la feuille de chêne rouge, Fleur pencha la tête, ses yeux plongèrent dans l'obscurité du lac.
Le silence s'installa, une longue pause dans le chant de Fleur.
Alors, la brise cessa ses caresses, l'heure se figea.
Le monde semblait attendre…

Soudain, le vent se leva, et les cheveux de Fleur dansaient avec lui.
L'eau se rida à nouveau, et l'outre divine libéra son souffle dans toute sa puissance, entraînant Fleur dans un balancement sans rythme qui la fit tomber de son radeau fragile.

Fleur disparut dans les eaux, maintenant bouillonnantes, qui l'engloutirent avec son rêve.

Fleur resta de longues heures dans la noirceur infinie et la violence des courants déchaînés d'un lac devenu Géhenne sans flamme…

Sans vie, elle fut entraînée aux racines du pays des Lendemains, là où les désirs se créent.

Illuminant l'outremer céleste, les étoiles sentirent le parfum de Fleur s'éteindre avec son espoir.

Aucune n'accepta que Fleur disparaisse ainsi, pour avoir un jour fait monter sa plainte dans les roseaux des Lendemains ! Elles ne pouvaient imaginer que Fleur devienne souvenir si tôt.
Leur douleur était si forte ! Leur tristesse voilait leur éclat…
« Peut-être est-il encore temps ? » tonna la plus brillante d'entre elles, faisant claquer les couleurs d'espérance dans le ciel.
Tous les astres réagirent et s'allièrent. Ils envoyèrent leur magie en éclairs déchirant le ciel et donnant le jour jusqu'aux confins du pays !
Dans un vacarme infernal, les lames blanches et brûlantes s'unirent en une multitude d'étincelles, faisant naître une main salvatrice.
Douce, délicate, aussi sombre que la nuit, la main plongea au fond du lac.

Les étoiles disaient que le hasard des courants pouvait sauver Fleur...
L'un d'eux, moins violents que les autres, la déposa dans la paume brune…

La main se fit berceau, elle ramena doucement Fleur sur la rive, près des roseaux…

La brise des Lendemains caressa le visage transparent de Fleur, jusqu'à la nouvelle aurore.
C'est alors que les teintes du jour naissant apparurent sur son front.
La magie des étoiles, portée par la main et le plus léger des souffles divins, fit ouvrir ses yeux sur l'astre du jour.

Son sourire éclaira le paysage, elle déposa un baiser dans la paume bienfaitrice, puis, bénit les étoiles et l'éclat qui l'avait vue naître.
Un chant nouveau monta de son cœur.
Quelques notes cristallines montèrent jusqu'à l'Empyrée.
La voute azurine accueillit cette mélodie comme le chant des oiseaux aux jours sortis de l'hiver.

Fleur se lova aux creux de la paume sombre "tu m'as donné ce que je n'attendais pas" lui dit-elle, et ses yeux parcoururent le ciel.
Quelques nuages mousseux s'éloignaient, le soleil baignait le pays des Lendemains.

Fleur eu le sentiment que la main disparaissait, elle ferma les yeux.
Une larme coula sur sa joue, quand elle entendit une voix ronde et chaude
"N'aies de craintes, créée par les astres, je ne puis m'effacer que par eux,
le visible n'est rien, tu sauras toujours ma présence"

L'écoutant, le cœur de Fleur devint comme un printemps.
Elle savoura l'instant.
Les yeux posés sur l'horizon, paisible, elle ne voulu plus quitter le pays des Lendemains.

On dit aujourd'hui, qu'on peut encore sentir son parfum,
les soirs où les nuages versent leurs précieuses perles sur la nature.

 

© Texte protégé.
Toute copie, même partielle, sans l'autorisation de l'auteur, est interdite.


Article ajouté le 2008-03-27 , consulté 361 fois

Commentaires


angel02 site : CHEZANGELJOJO.blog4ever.com | le 15/05/2008 à 18:29:34
Bonjour,

Très joli texte que l'on fait lecture et que l'on veut relire!

Bravo ce blog est très bien élaboré!

bonne continuation
nath le 13/04/2008 à 21:56:16
Toujours empreint de poésie, de légèreté et de mélodie des mots, voilà un très beau texte, encore un !
Antonio (El_abuelo) site : www.martinez-quirce.fr | le 31/03/2008 à 19:21:48
En voilà une jolie histoire qui donne envie de le connaître ce pays des Lendemains.
(il arrive des fois qu'en voulant écrire trop vite on fasse des fautes de frappe.....vérifie la 3ème ligne avant la fin du texte car il me semble qu'il y a un "plus" de trop.....mais c'est pas grave!)

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