Citrouilles et conséquences

Il semblait qu'une fête se préparait, autour de plantureuses citrouilles...
A quelle date, je l'ignorais, mais, si j'étais hors du temps dans mon joli coin de montagne, j'avais quand même une vague idée de l'ambiance proposée...


En dehors de l'immense joie de tenter une découpe de la funeste cucurbitacée, préparer son contenu dépasse mes capacités à supporter son odeur, chacun ses goûts et le problème est mineur...
Autre chose me gêneait : les déguisements et surprises qui pouvaient aller avec.

Personne n'oblige à vénérer je ne sais quelle entité citrouillesque, heureusement, car j'avais imaginé -mais évidemment il ne s'agissait que de mon imagination débordante- qu'un enfant déjà fort inquiet devant les cheveux rouges de Médusa et approchant la syncope à la simple évocation du dessin animé "Bernard et Bianca" pouvait mal vivre la danse rigolote de quelques fantômes et sorcières grotesques.


Fallait-il expliquer encore que Baba Yaga ne peut revenir puisque je l'ai boutée hors de la maison ? Avais-je assez de confiance pour être crue ?
Devant les monstres inoffensifs le courage aurait été là, braves et fiers petits, mais qu'aurait-il fallu de temps pour apaiser les craintes régénérées ?


Fêterions-nous, ne fêterions nous pas, telle était la question...


Le choix de s'habituer, de toutes forces, à ce qui doit être un bon moment dans la norme, se tremper dans les peurs pour dépasser les instincts eût-il été le bon ?
Protéger, surprotéger peut-être, pouvait-il entretenir les angoisses ?


Il n'y avait pas de superstition dans mes paroles, mais, la confiance qui grandissait chaque jour, n'avait pas encore de fondations définitives et inébranlables.

Expliquant les jeux de théâtre, j'avançais sur le chemin du mieux être avec les loupiots, mais certaines choses demandaient encore des preuves...


"Mais peut-être que ça existe"... Ils savaient que Baba Yaga pouvait venir, et qu'elle emporte les enfants, pour les manger...


Je tentais de convaincre, tournais l'histoire à la farce, mais quand le hasard menait nos pas à croiser une grand-mère portant son âge en façade, les visages changaient, les yeux se fixaient et la question arrivait  : "C'est elle Baba Yaga ?"

 

Texte protégé © Istina.Svaboda



Article ajouté le 2006-10-29 , consulté 125 fois

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