Hé, le livre !

Hé, toi, le livre, je t'ai choisi pour les mots que tu portes au front,
dis-le à ton auteur.
Non, tu ne peux pas, alors c'est à toi que je vais dire…
Je m'approche de toi, chaque fois, avec mille questions…
Doucement, mon regard se promène sur la couleur de ton habit,
ma main se tend, t'attrape.
Je te porte, j'aime que tu sois lourd.
Mes yeux glissent sur la tranche, blanche, jaune,
et d'un ongle prudent je fais claquer tes pages.
Mes mains, encore elles, t'entourent,
caressent les promesses de réponses que tu portes sur le dos.
Je ne t'ouvre pas encore, j'ai le temps.
Je te garde là, tout contre mon cœur,
et t'emmène chez moi, à deux pas du bonheur…
Voilà que tu me tentes, posé là, au milieu d'autres mots
sur des papiers qui volent et se cachent, pour qui...pour quoi…
Lentement, j'ouvre la porte vers tes propositions de voyages,
sous ton habit je découvre ton histoire.
Je reste longtemps avec toi, tu ne veux pas me laisser tranquille,
tu t'offres et je ne résiste pas.
Mes yeux s'accrochent à tes lignes, mon esprit se nourrit
encore et encore, insatiable est-il, de la force du trait de ton créateur.
Toi, le livre, si tu pouvais dire le frisson que donne ton auteur,
celui que tu portes et m'apportes, il saurait que j'attends encore de son œuvre.
Tu ne peux rien en ce sens, tu donnes tout, je prends.
Toi, l'objet, j'aime que tu sois lourd, de tes pages,
de ton encre, et de sens aussi.
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Franz Liszt
Article ajouté le 2007-11-03 , consulté 429 foisCommentaires
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