Istina

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posté le 18-06-2008 à 19:19:24
Pour être complet, nous aurions dû ouvrir ici une longue parenthèse, où nous aurions pu essayer de montrer, en nous appuyant surtout sur les études très rénovatrices du regretté Kuroda Toshio 黒田俊雄, le rôle capital que le bouddhisme a joué dans la formation de la religion shintō(73). Manquant de place et de temps pour entrer dans les détails de ce problème important, on doit se contenter de faire quelques remarques générales qui semblent nécessaires.
Il faut insister d’abord sur un fait qui n’est pas directement démontrable, mais qui nous paraît évident : c’est que jusqu’à une certaine époque, qui peut être située probablement dans la seconde moitié du Moyen âge, le seul “langage philosophique ou métaphysique”, ayant une portée universelle (ou, du moins, à prétention universaliste), disponible aux Japonais a été le bouddhisme. Nous voulons dire par là que, jusqu’au moment où la philosophie néo-confucianiste a été importée, toute la pensée philosophique japonaise “parlait”, et ne pouvait “parler” que le langage bouddhique (le confucianisme avant sa rénovation de l’époque Song ne semble pas avoir été un système métaphysique au même titre que le bouddhisme ; c’était plutôt un code social, moral et politique... ; d’autre part, la pensée de la “Voie du Yin et du Yang”, ommyō-dō 陰陽道, était plus une pensée magique et pratique qu’une métaphysique). Une autre remarque doit être ajoutée à celle-ci : c’est que, à notre avis, une des caractéristiques tout à fait remarquables du bouddhisme japonais (au moins à partir de la fin de l’antiquité) semble être sa tendance à fonder le plus possible “le phénoménal” (on peut dire aussi bien “l’historique” ou “le factuel”) sur “le transcendental”.
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